jeudi 3 septembre 2009

6 ^^

6

6 ans plus tard.

aéroport de Roissy Charles de Gaulle
Paris
France

-Tu es sûr de se qu'on fait, là, Tao ?
La question était sortie de ma bouche sans que je le désire vraiment.
Le garçon, s'arrêta, se retourna, planta ses yeux bleus océan dans mes prunelles violettes et respira un grand coup avant de lâcher :
-Si je t'amène, ici, c'est que je te sais en sécurité, Alison. Ne fais pas ta mijorée, tu le sais!
-A rio, j'étais aussi censée être en sécurité! répondis-je
-Igor Polkovitch retrouvera éternellement ta trace. Tant que tu restera dans des grandes villes, il aura du mal à te localiser.Les kyrion sont à ta recherche.
Je serrais les dents.
-Et ta promesse?
-Quelle promesse ?
-Tu m'avais promis qu'il n'y aurais plus de "tu fera ceci" "tu ira là" et tout ça! Tu m'a promis que maintenant, ça serait nous!
-Ah bon, quand ?
Laisse tomber, Alison. Marche.
-
Non. Je ne veux pas laisser tomber!
-Arrête Alison! Je nous sait en sécurité. Est-ce que ça te va ?
-Oui.
Cela faisait 6 ans que Tao et moi vivions ensemble. 6 ans que ma vie m'avait soudain semblée aussi claire que de l'eau de source. 6 ans que je vivais un pur bonnheur avec lui.
Malgré mon plaisir de retrouver Paris, Rio de Janeiro me manquais un peu. Nous avions vécu 5 ans paisibles, pendant lesquels j'allais en cours et j'écrivais à mes parents.
La dernière année s'était écoulée plus rapidement.
Tao avait jugé que mes sorties pour rejoindre mon lycée étaient désormais trop risquées. Nous avions voyagé à travers tout le pays, poursuivis par des Kyrions rageurs et fâchés. finalement, notre départ pour la france fut obligatoire.
Je sais, vous devez vous demander comment un kyrion et une Antlantyqua pouvaient s'entendre.
Tout simplement parce que Tao et moi nous étions tout de suite appréciés et le mot était faible.
Il avait tout de suite oublié ses plans pour me conduire en russie et décidé qu'il me protègerais des sbires d'Igor polkovitch.
La voix dans ma tête ne se taisait toujours pas, mais elle se faisait de moins en moins imposante. C'était comme si elle savait que je lui obéissais quand elle me donnait un ordre.
Voilà comment nous nous étions retrouvés à Paris, en plein été.

Nous sortîmes de l'aéroport vers 15 heures de l'après-midi.
Dehors, la chaleur semblait ramolir les rares passants qui osaient pointer le bout de leurs nez à l'extérieur de leur maison.
Une grosse mercedes vint nous récupérer. Nous aurions pu faire plus discret, pour évoluer dans la capitale! Je jetais un regard agacé à Tao qui me répondit par un sourire amusé. Il me caressa tendrement la joue.
C'était d'ailleurs tout ce qu'il s'autorisait à faire, à mon grand désarrois.
-Monte, allez. Allons découvrir notre appartement.
Je lui souris de toutes mes dents et entrais dans la voiture.

L'appartement était grand, meublé et luxueux. Bien plus que ce que je désirai.
Je m'étais occupée de le réserver, mais Tao avait tenu à demander l'appartement le plus luxueux possible. Je fus néanmoins contente que l'homme que j'avais eu à l'appareil m'ai écouté sur un point : je ne désirais qu'une seule chambre avec un lit unique.
Quand Tao découvrit la chambre, il me demanda :
-Alison, veux-tu ma mort ? Veux-tu que je craque ?
Je le rejoignis en trottinant.
-De quoi parles-tu ?
-Alison, ma chérie, non, c'est non! Un point c'est tout! Je dormirais sur le canapé clic-clac! Heureusement que tu es prévisible, car sinon, je n'aurais pas demandé à ce que ce sofa se déplie!
J'étouffais ma colère tant bien que mal.
Mais celle-ci était si forte que je ne pus finalement la contenir. Je la laissais s'emparer de moi, me submerger.
Fâchée, mes capacités de réflexion se décuplaient, comme par magie. Aussi, je sus aussitôt ce que je devais faire. Je relevais la tête et fixai Tao de ce regard qui le faisait toujours craquer.
Paisiblement je lui dis :
-Tu es plus pour moi que je ne suis pour toi. Moi, je pense toujours à toi, mais toi, c'est comme si Igor était à ma place. Quand tu me parle, quand tu me regarde et quand tu ris, tu es avec Igor Polkovitch, pas avec moi.
>>Moi, quand mon coeur brûle, c'est avec toi qu'il se consume, pas avec Igor ! Alors je vais m'enfermer dans cette chambre sans manger et te laisser en compagnie de Igor Polkovitch, et quand tu pourras ME regarder, tu viendras dans cette chambre et tu me dira ce qui te retiens de m'embrasser, tout simplement!

Sur ces paroles, je m'enfermais dans la chambre et passais la clef sous la porte, pour qu'il puisse l'utiliser.