8
Tao rentra plus tard que prévu ce soir là.
Je me jetais dans ses bras, mais il me repoussa brutalement.
-Mais que t'arrive-t-il? m'etonnais-je, interloquée.
-Rien. Je suis dangereux, tu le sais? Eh bien, je suis devenu pire qu'une arme pour les Kyrions.
-Quoi? m'étranglais-je. Explique-toi.
-Ils savent que je te protège. Et ils veulent faire une sorte de recensement au sein de tous les Kyrions. Il veulent conaitre notre nombre. Ce n'est qu'un prétexte. Une façon de nous marquer, pour nous traquer. C'est... Ton parrain me l'a appris dans une lettre. Tu es également l'héritière de tous les biens appartenant à tes parents.
-Oh! Mais... Merci d'y être allé. Merci. Tu... Tu n'étais pas obligé... Tu es un ange! chuchotai-je.
-Ce n'es pas tout. En revenant de Montreal... J'ai fais un saut par Moscou. Je me suis fais recensé, dit-il lentement, sur un ton de confidence.
-Ohlala! Toi, tu me cache quelque chose!
-Je... Je suis devenu une arme. Une arme terrible. Ils peuvent me localiser, où que je sois, maintenant. Je... Je suis désolé. Je vais m'en aller.
-Quoi? Non! Non! Reste! sanglotai-je.
-Je suis désolé, le moment est tellement mal choisis... La mort de tes parents, de ton parrain, c'est si précipité...
-Ne le sois pas. Laisse-moi. Ne reviens plus jamais, laisse-moi.
-Tu me chasse? demanda-t-il abasourdi.
-Oui. Pars, lâchais-je.
-D'accord. Tes désirs sont des ordres, accepta-t-il.
-Dis-moi, est-ce que tu m'aime encore?
-Je... Je ne sais pas, avoua-t-il.
-D'accord. C'est tout ce que je voulais savoir. C'est bon, j'ai compris.
Je m'affalais dans le canapé, abasourdie. Je voulais garder cet appartement. Il me plaisait, mais j'allais partir.
Tao partit faire son sac.
Une larme coula le long de ma joue et je fermais les yeux, incapable encore de réaliser l'orage qui venait à peine de commencer au dessus de moi.
Oublie-le. C'est mieux.
J'aurais du mal, mais je gagnerais ce combat. De toutes façons, je n'avais pas le choix.
Et je connaissais mon avenir. Même s'il devenait de plus en plus flou à mes yeux.
J'entendis Tao refermer la porte de ma chambre.
Il passa devant moi comme s'il passait devant un meuble et il m'adressa à peine un signe de main avant de partir, et de disparaître de ma vue.
Tout à coup, je me levai d'un bond, comme montée sur ressorts et courus le rattraper.
-Eh attends. Ne pars pas. Pas encore, soufflais-je.
-Pourquoi? Qu'est-ce qu'il y a encore, Alison? s'énerva-t-il.
Il me sembla que mes jambes fléchirent sous le poids de son regard.
-Rien, enfin si, mais... Ce n'est pas grave.
-Alison... Ma patience a ses limites.
-Je...J'ai oublié de te dire que je t'aime. Maintenant vas-t-en. Et disparais.
Il hocha la tête et partit.
Les larmes affluèrent alors en masse et je ne pus les contenir plus longtemps. Je m'assis sur une des marches des escaliers et laissai libre cours à mon déséspoir grandissant.
Je me levais bientôt et remontais dans mon appartement maintenant presque vide.
Je m'habillais richement et fis mes valises.
J'appellais le chauffeur de la limousine et il arriva quelques minutes après mon appel urgent.
-Où allons nous, Ma Dame?
-Aéroport Charles de Gaulles. Faites-vite, j'ai besoin du premier vol disponible pour Moscou.
